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15.05.2008

Nouveau test pour le service minimum d'accueil à l'école


 

Marie-Estelle Pech
14/05/2008 | Mise à jour : 18:17 |

Le système est expérimenté pour la deuxième fois jeudi. Le ministre espère au moins 2300 villes participantes.

» Le redoublement dans le collimateur de Xavier Darcos

En janvier, lorsque Xavier Darcos a proposé l'idée du service minimum, les villes de gauche ont exprimé un refus ferme. L'UMP, elle, a demandé à ses adhérents d'y souscrire. Seules 2 024 communes sur 22 500 possédant une école ont appliqué le principe. Les élections municipales sont passées par là et le ministre de l'Éducation estimait mardi sur RMC que «ce sera plus difficile ici ou là, parce qu'un certain nombre de communes sont passées de droite à gauche et que visiblement elles n'ont aucune envie de nous aider dans cette affaire». Selon un sondage du Parisien publié mardi, 60 % des Français souhaitent la mise en place d'un tel système. Le ministre estime que 2 300 villes sont «déjà prêtes» à mettre en place ce système. Les mairies opposées à l'idée avancent aussi des arguments pratiques.

L'État doit organiser le service. Outre des mairies de gauche comme Paris, Jacques Pélissard (UMP), président de l'Association des maires de France, estime que c'est à l'Éducation nationale d'organiser le service minimum. Les collectivités locales n'auraient pas à s'impliquer dans un conflit qui concerne l'Éducation nationale et ses fonctionnaires. Ils refusent «de jouer les briseurs de grève». L'Association des maires des grandes villes de France juge aussi que le montage financier consistant à reverser aux communes le salaire des grévistes «attisera les conflits entre personnels enseignants et collectivités».

Le problème de la responsabilité juridique. Les maires seront responsables des enfants toute la journée. Les villes en ont l'habitude puisqu'elles le sont déjà lors des activités périscolaires ou pendant la cantine, par exemple. «Mais dans ce cas, tout est régulé», observe Pierre-Yves Jardel, maire dans la Marne. Pour Gérard Peltier, président de l'Association des maires ruraux de France, cet accueil soulève la question des «petites communes» qui n'ont pas les moyens nécessaires en personnel.

Un financement insuffisant. La plupart des membres de l'Association des petites villes de France considèrent que la proposition de Xavier Darcos 90 euros par groupe de 1 à 15 élèves accueillis n'est «pas suffisante». Ils prévoient un coût de garde plus élevé s'ils respectent la préconisation du texte «Jeunesse et sport» : un adulte pour dix enfants. «Nous ne serons remboursés que des deux tiers», déplore Pierre-Yves Jardel, président d'une communauté de communes dans la Marne. La mairie de Coulaines (Sarthe) chiffre à 300 euros le coût des trois agents nécessaires pour une classe de 24 élèves contre les 180 euros versés par l'État.

Une organisation complexe. Beaucoup déplorent un manque de temps. Bordeaux par exemple ne mettra pas le système en place avant septembre pour cette raison. L'adjointe en charge des affaires scolaires, Brigitte Collet, veut s'appuyer sur le système périscolaire associatif : les enfants dont les écoles seraient fermées pourront être déposés dans des maisons de quartiers. «Il faut prendre le temps de réfléchir à la meilleure organisation, notamment pour ne pas mettre des enfants dans un environnement étranger», assure-t-elle. Les maires avancent aussi la difficulté de prévoir le nombre d'élèves accueillis. Christophe Rouillon, maire socialiste dans la Sarthe juge irréaliste l'embauche au pied levé de personnel qualifié pour prendre en charge les élèves alors qu'il faut «entre deux et trois mois» pour recruter les animateurs du centre de loisirs pour l'été. Dans les communes rurales et les villes moyennes, difficile de trouver un étudiant titulaire d'un Bafa (brevet d'aptitude au monitorat) rapidement. «On a déjà du mal à recruter du personnel de cantine !» s'exclame ainsi un maire rural.

» La liste des communes qui participent au service minimum d'accueil sur le site de l'Edication nationale

Commentaires

Si l'Ecole Française de Maputo est effectivement un établissement doté d'une gestion privée, ceux qui le financent par leurs impôts (pour les Français) et par leurs cotisations (pour tous les parents d'élèves) devraient pouvoir exiger le remboursement de cette journée non prestée par l'Ecole.

En ce qui concerne le SMA, Service Minimum d'Accueil, il me semble qu'il ne doit en aucun cas être lié avec "les conditions sociales" en France ou au Mozambique, et a été mis en place par le Ministre pour occuper l'Espace Ecole laissé vacant par les enseignants grévistes. 2837 communes de France ont signé la convention alors qu'elles étaient 2000 le 15 janvier.

C'est pourquoi nous aurions apprécié que l'Ecole Française de Maputo puisse garantir l’accueil des enfants dont les parents n’ont aucune autre solution. Saluons la solidarité et la débrouillardise de certaines mamans qui suppléent les carences de l'Ecole Française.

Nous aurions également apprécié que l'Ecole Française de Maputo puisse éviter que ne soient pénalisés les parents, français ou non français, en particulier les plus démunis ou en situation d’emploi précaire.

Telles sont aussi les missions du service public d’éducation.

Claude Guillemain
Parent d'élèves
Maputo - Mozambique

Ecrit par : Claude Guillemain | 15.05.2008

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