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07.01.2009

Cote du Bleu 2008 : la surprise Fillon

47 cotes, 77 personnalités citées au total et un lauréat inattendu : François Fillon. Le Premier ministre, constant tout au long de 2008, a profité à plein des ratés ou des absences élyséennes pour prendre la lumière. Le bonnet d’âne revient à Rachida Dati, mal inspirée sur plusieurs gros dossiers et en disgrâce auprès de Nicolas Sarkozy.

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François Fillon est la personnalité politique distinguée par les éditorialistes et commentateurs de la vie politique française interrogés par Le Bleu en 2008. Un homme de l’année… par défaut ? Peut-être, puisque les plus gros points marqués par le Premier ministre l’ont été en début d’année, au moment où Nicolas Sarkozy traversait une mauvaise passe prolongée, entre le début, hyper médiatisé, de sa love story avec Carla Bruni et les dérapages du Salon de l’Agriculture ou du Guilvinec, tout cela entraînant un énorme dévissage dans les études d’opinion. Autre période fructueuse pour le Premier ministre, la rentrée de septembre quand Nicolas Sarkozy, pris par les affaires du monde, lui a laissé davantage les manettes nationales. Bref, les éditorialistes, qui reprochaient l’an passé au Premier ministre de ne pas suffisamment s’extraire de l’ombre élyséenne, le distinguent en quelque sorte cette année pour ses “progrès très notables”.

 

Des progrès quand même tout relatifs si l’on s’en tient aux scores réalisés par Nicolas Sarkozy en termes de citations. Après une année contrastée pour lui – la Présidence française de l’Union européenne lui a permis de rattraper un premier trimestre désastreux –, le chef de l’État (+ 5 au final) est non seulement le responsable politique le plus cité de l’année (111), mais il l’est presque deux fois plus que Ségolène Royal (57), deuxième de ce classement ! L’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle reste ainsi pour la troisième année consécutive (distinguée en 2006, bonnet d’âne en 2007) une des grandes animatrices de la vie politique. Et si elle termine l’année à – 11, elle le doit surtout à son échec in extremis dans la conquête du Parti socialiste.

Un PS qui vient de vivre une année charnière, dont la cote du Bleu de Profession politique est une forme de résumé. Martine Aubry, qui a réussi un retour tonitruant sur la scène politique nationale, est ainsi la “première dauphine” de François Fillon.
La maire de Lille a été désignée personnalité de la semaine pour la première fois début juin, avant de connaître un creux au moment des discussions-trahisons de l’université d’été de La Rochelle, puis de glaner de nombreux lauriers en fin d’année, dans les semaines qui ont suivi le congrès de Reims. Bertrand Delanoë et Benoît Hamon, qui ont abandonné leurs ambitions pour se placer – bon gré, mal gré – dans le sillage de Martine Aubry, terminent l’année au coude à coude, à + 6. Un score en fait très moyen pour le maire de Paris, longtemps favori dans la course à la succession de François Hollande, et qui a perdu beaucoup de points après le congrès.

Du côté de la majorité, l’année n’a pas été flamboyante pour les membres du gouvernement. Si François Fillon s’en sort plus que bien, les membres de son équipe ont connu une année compliquée, à l’image de Rachida Dati. La ministre de la Justice, tombée en disgrâce auprès de Nicolas Sarkozy, est la personnalité la plus mal notée en 2008, les éditorialistes jugeant qu’elle a géré de façon médiocre tous les gros dossiers ou sujets dont elle a eu la charge : rétention de sûreté, institutions, mariage annulé de Lille, affaire de Filippis, incarcération des mineurs… Au final, la garde des Sceaux réussit une forme d’exploit en étant citée 28 fois, mais uniquement à la baisse ! Suivent, respectivement à – 16 et – 15, Christine Lagarde, jugée sévèrement pour sa gestion de la crise financière et économique, et Patrick Devedjian, pénalisé par ses difficultés à la tête de l’UMP. Quant à Xavier Darcos, il a beaucoup souffert lors des deux dernières semaines de l’année, qui l’ont vu annoncer le report de sa réforme du lycée.

Hors gouvernement, Jean-François Copé et Alain Juppé sortent largement du lot. Le premier a su faire fructifier sa position de président de groupe UMP à l’Assemblée nationale pour se rendre incontournable. Le second – cité 9 fois au total, mais à chaque fois en hausse – a bénéficié de la séquence des élections municipales en mars, puisque le maire de Bordeaux a été l’un des rares ténors de la majorité à s’imposer sans souci.

À noter enfin que la page Chirac est désormais définitivement tournée : l’ancien président a été cité deux fois et Dominique de Villepin une seule. En revanche, la cote 2008, cannibalisée par Nicolas Sarkozy, a aussi vu passer deux fois son fils Jean et une fois son épouse Carla…

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