19.06.2008

Exit les langues régionales : la France au français !

« Nos enfants parlent texto, il faut renforcer le français et ce n'est pas en faisant appel aux langues régionales », déclarait l'un des opposants aux langues régionales, Jean Pierre Fourcade, sénateur UMP lors du débat qui a eu lieu le 18 juin au Sénat à propos de la modification de la Constitution.

En effet, les sénateurs ont voté à la majorité de 216 voix contre 103 un amendement demandant le retrait de la référence aux langues régionales dans l'article 1 de la Constitution.

Lorsque la diversité linguistique et culturelle est prônée dans le monde entier, la France est plus nationaliste que jamais. Il s'agit d'un des derniers pays en Europe à refuser de donner une place officielle aux langues régionales. À l'heure où la France est épinglée par les rapports internationaux sur son traitement des problématiques minoritaires, elle ne montre pas le visage d'un pays tolérant, bien au contraire.

Le texte prévoyant l'inscription des langues régionales dans la Constitution avait pourtant été adopté à la quasi-unanimité à l'Assemblée nationale, mais au Sénat la majorité UMP, ainsi que les communistes, les centristes, les radicaux et quelques socialistes ont voté un amendement demandant son retrait.

Déjà avant-hier, l'Académie française estimait que les langues régionales étaient un danger pour l'identité nationale, estimant que l'exclusivité du français était nécessaire dans un pays qui n'aime ni la langue anglaise, ni les langues régionales, ni certainement les autres langues dans la monde.

Doit-on en conclure qu'en France, le mot identité ne peut se prononcer qu'en langue française ? Ce vote du Sénat est au moins une belle preuve d'un jacobinisme farouche où la diversité n'a pas sa place. Alsaciens, Basques, Bretons, Catalans, Corses, Occitans, Flamands, Bourguignons... doivent-ils se considérer comme des étrangers ?

A quoi joue-t-on à l'UMP ? La France a besoin de réformes profondes, de réformes structurelles, culturelles, politiques et économiques. Ce refus du Sénat est décidément de très mauvaise augure pour le succès des réformes que nous espérions. C'est à l'UMP de montrer l'exemple, de montrer le chemin de la modernité et des réformes.

Claude Guillemain

Vous soutenez les réformes? Devenez Réformateur:

09.05.2008

Assemblée nationale: Une grande première et la fin d’un tabou : un débat sur les langues régionales.

Pour la première fois en séance publique, Bretons, Alsaciens, Catalans, Corses, Occitans, Béarnais: une vingtaine d'élus, ont revendiqué la reconnaissance de leur identité régionale, déplorant, parfois avec passion, le déclin "des langues de France".

La France, possède 75 langues régionales.

Les députés ont réclamé "du concret sur l'éducation, les médias, Internet, la signalétique" et "une belle et grande loi" ainsi que la ratification par la France de la Charte européenne sur les langues régionales dont s'est doté le Conseil de l'Europe en 1992. La France l’a signée en mai 1999, mais jamais ratifiée.

La ministre de la Culture, Christine ALBANEL a confirmé que la France ne ratifierait pas la Charte européenne, "contraire à nos principes". La ministre s'est cependant engagée à proposer un texte de loi, réclamé par de nombreux députés.

16.01.2008

Langues régionales: l'UMP reporte le débat après les municipales

f90233a03963328d8e1c38b16c655dbc.jpgLes députés UMP ont décidé de renvoyer à l'après-municipales la question de l'adhésion de la France à la Charte européenne des langues régionales, en découplant ce débat de la ratification du traité européen, a annoncé mardi leur chef de file Jean-François Copé.

"Nous avons décidé de reporter à un peu plus tard la démarche engagée par le vice-président de l'Assemblée, Marc Le Fur et une soixantaine de nos collègues, qui souhaitaient déposer un amendement pour les langues régionales", a-t-il expliqué à l'issue de la réunion du groupe UMP à l'Assemblée.

"Avec l'accord du Premier ministre François Fillon, nous avons proposé que cela donne lieu à un débat spécifique, découplé de la réforme constitutionnelle, qui aura lieu après les municipales en préalable à la grande révision constitutionnelle" sur les institutions françaises, a-t-il précisé.

M. Le Fur n'a guère apprécié cette présentation des faits par M. Copé.

"J'ai déposé un amendement. Il a été repoussé en commission ce matin mais je compte aller jusqu'au bout de ma démarche en le défendant à nouveau dans l'hémicycle", a déclaré à l'AFP le député des Côtes d'Armor, irrité qu'on lui dise "à chaque fois que ce n'est pas le bon moment et qu'on verra plus tard".

Cet amendement au projet de loi constitutionnelle vise à lever l'obstacle de la ratification de cette Charte européenne, signée en 1999.

M. Copé a par ailleurs réaffirmé la volonté du groupe UMP de "soutenir la démarche proposée par le président de la République" sur le traité européen.

"Nous sommes déterminés à faire en sorte que la France, comme nous le souhaitons de tout coeur, soit l'un des tout premiers pays à ratifier le traité de Lisbonne", a argué M. Copé.

Mardi matin, "nous avons fait une démonstration de force en repoussant l'initiative des communistes en faveur d'un référendum", a ajouté M. Copé qui a ironisé sur les difficultés du PS à arrêter un positionnement lisible sur le processus de ratification du traité de Lisbonne.

11.03.2007

Lettre ouverte à Monsieur Nicolas Sarkozy

        
medium_Breizh_2004_mini.jpg
medium_Breizh_2004_bandeau.jpg

 
Maputo, le 11 mars 2007
Monsieur le Ministre,

Vous avez récemment déclaré, lors de votre discours à Caen le 9 mars 2007, que vous vous opposeriez à la charte européenne des langues régionales en disant: "Je ne veux pas que demain un juge européen puisse décider qu'une langue régionale doit être considérée comme langue de la République".

Evoquant le français, "l'âme de la France" et la richesse de ses langues régionales, vous vous êtes engagé à défendre la francophonie et promis de veiller à ce que le français soit la langue de travail dans les multinationales installées en France, et de vous battre pour qu'il continue d'être employé dans les instances européennes et à l'ONU. Vous vous êtes aussi engagé à vous battre "pour que soit généralisé partout en Europe l'enseignement de deux langues étrangères", "seule façon efficace" pour empêcher une hégémonie de l'anglais.

Permettez-moi de vous apporter la réponse de vos supporters fédéralistes bretons.

En ce qui concerne votre souhait de généraliser en Europe l'enseignement de deux langues étrangères, c'est ce qui se fait généralement, à l'initiative de l'Union Européenne: langue maternelle + deux langues vivantes étrangères. Et cela n'empêche en rien l'hégémonie de l'anglais.

En ce qui concerne votre refus de ratifier la Charte Européenne des Langues Régionales, pemrettez-moi de vous dire que vous faites fausse route.

Dans votre refus, je crois déceler un refus du communautarisme. Or, la reconnaissance de jure et de facto des langues régionales est un rempart efficace contre le communautarisme.

Peut-être avez vous perçu à tort les locuteurs des langues régionales comme un foyer potentiel de communautarisme ? Il n'en est rien. Les régionalistes, fédéralistes de France n'ont pas besoin d'être "communautaristes" pour exister, mais par contre ils ont besoin que l'on leur rende la parole qui leur a été confisquée. Les langues régionales, les cultures régionales, l'histoire de nos régions ont été confisquées, et les provinciaux que nous sommes sentent bien que leur parole n’est pas écoutée. D'où retour sur l'identité et la langue régionales.

Je suis attaché à cet art de vivre ensemble qui caractérise la France, je suis attaché à la langue française, je suis Breton et militant du fédéralisme des régions françaises et européennes, mais je ne souscris pas au phénomène communautaire qui se développe en France et que l’on veut nous faire passer pour l’application d’une citoyenneté moderne, harmonieuse et j’en passe.... Oui, il y a une affirmation des communautarismes de plus en plus importante en France. Oui, c’est en France que cela se passe, en réaction et à cause de l’état jacobin centralisé. Mais à qui la faute ?

Le communautarisme est l’aveu de faiblesse ultime de l’état centralisé et jacobin, et devient petit à petit un argument pour diviser la société en communautés qui seraient amenées à plus ou moins cohabiter ensemble Comment, avec qui, pourquoi, ça on ne vous l’explique pas… Sans vouloir exagérer, on a vu vers quel destin le communautarisme a mené les populations des Balkans.

Ce phénomène de communautarisme est en opposition totale avec les valeurs d’un état fédéral et libéral, tel que nous l’espérons. Seul un état fédéral, fondé sur les Régions et les Pays de France peut être le rempart à la division des hommes selon leurs croyances, leurs superstitions et la couleur de leur peau.

C'est pourquoi nous revendiquons un fédéralisme, conçu comme un anti-communautarisme de proximité, permettant l’échange d’informations, l’exercice des libertés démocratiques et la prise en compte de l’ensemble des populations, dans le respect mutuel d’une règle commune, établie contractuellement entre l’état fédéral et les fédérations régionales.

Pour toutes ces raisons, je vous prie de bien vouloir revenir sur votre première appréciation négative et vous montrer plus favorable à la ratification de la Charte Européenne des Langues régionales.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l'expression de mes sentiments respectueux et dévoués.
 

Claude Guillemain

Président de Breizh 2004

E-mail: claudeguillemain@yahoo.fr

Tel: +258 21 49 22 25