13.11.2007

Lettre d'un étudiant qui va mourir

Ma petite maman chérie, et vous Joseph, Léon, Ernesto, Hugo et Mao, mes tous petits poissons – rouges évidemment ! – adorés.

Croyez-moi, j’ai essayé de suivre la voie que vous m’aviez tracée. Quand j’ai entendu le mot réforme, comme vous l’aviez déjà fait, mes camarades, en 2006 contre le CPE, en 2005 contre la réforme du bac, en 2004 contre la réforme LMD, en 2003 contre celle de Ferry – enfin comme vous l’aviez toujours fait – j’ai bloqué ma fac.

Avec un peu de retard, je vous l’accorde, la loi ayant été adoptée au mois de juillet, mais que voulez-vous l’arrière saison étant tellement plus agréable sur la côte, j’ai prolongé mes vacances.

Aujourd’hui, je sais que je vais mourir. Oh non ! Ce n’est pas des CRS que j’ai peur. Cela fait bien longtemps que j’ai appris à aimer l’odeur des gaz lacrymogènes. Ils ont l’avantage de couvrir les odeurs.

C’est la loi LRU qui va me tuer !

Avec cette loi, les présidents d’universités auront la responsabilité de l’entretien des bâtiments. Certains n’hésiteront pas à les repeindre. Tu sais, toi ma petite maman chérie, comme l’air me manque à chaque fois que j’entre dans une pièce propre.

Si les facs sont rénovées et nettoyées, où vais-je pouvoir me cacher ?

C’est sûr, je vais mourir !

Plus dangereux encore. La loi va permettre aux universités de créer des bureaux des stages et une aide à l’insertion professionnelle.

C’est sûr, ils veulent que l’on trouve du boulot …

Mon petit papa adoré, tu sais, toi, comme mes camarades et moi sommes réfractaires à toute forme de travail.

Il est trop tard, je vais mourir.

http://www.contrelesblocages.com

18.10.2007

Jeudi "noir"

Aujourd'hui, 18 octobre, un jeudi "noir" est promis en choeur aux Français avec l'arrière-pensée à peine dissimulée de reproduire, autant que faire se peut, la grande grève de 1995 qui aboutit à la chute du gouvernement Juppé.

Cette volonté syndicale de propager le désordre est motivé par le fait que le nouveau pouvoir, animé d'un peu plus de courage que tous ses prédécesseurs, tente enfin d'insuffler un peu plus d'équité dans le maquis de nos retraites.
Ne nous faisons toutefois pas trop d'illusions car l'équité en question n'ira pas jusqu'à gommer une disparité criante comme le calcul de la retraite sur les 6 derniers mois pour le public contre les 25 meilleures années pour le privé !
Pour en revenir à la grève, quelle idée de l'équité peuvent bien se faire des syndicats qui n'hésitent pas, pour de bien mauvaises raisons, à prendre en otage leurs concitoyens sur lesquels, hélas, ils ont tout pouvoir ?
Claude Guillemain

04.12.2006

La représentativité des syndicats en débat au CES

PARIS (Reuters) - Le Conseil économique et social examine en assemblée plénière un projet d'avis qui pourrait révolutionner le monde syndical en proposant d'asseoir la représentativité des syndicats sur des élections.

Le texte devrait proposer d'abroger un arrêté de 1966 qui accorde une présomption "irréfragable" (incontestable) de représentativité à la CGT, la CFDT, FO, la CFTC et la CGC.

Ceci leur permet de négocier les accords collectifs et de présenter des candidats au premier tour des élections professionnelles.

Cette automaticité serait supprimée et les critères de représentativité actuels - l'attitude patriotique d'un syndicat pendant l'Occupation en fait partie - seraient modifiés.

Selon des informations parues dans la presse, le projet d'avis proposerait de modifier les critères de validité des accords collectifs, qui devraient obtenir l'accord d'un ou de plusieurs syndicats représentant une majorité de voix avant d'entrer en vigueur.

Le projet d'avis a été adopté par 18 voix contre quatre le 20 novembre par une commission temporaire du CES dirigée par son président, Jacques Dermagne.

CGT, CFDT, Unsa et UPA ont voté pour, FO et CFTC ont voté contre, la CFE-CGC s'est abstenue et le Medef n'a pas pris part au vote.

La CFE-CGC a annoncé lundi qu'elle voterait contre le projet d'avis."Après avoir constaté que le texte s'oriente vers la seule justification de la représentativité syndicale au travers une hypothétique élection nationale, la CFE-CGC ne peut se contenter de cette mesure", a expliqué le syndicat dans un communiqué.

Les 18 groupes qui composent le CES doivent faire connaître leurs positions mardi. Le Conseil se prononcera sur le texte mercredi après avoir examiné d'éventuels amendements.

Le Conseil économique et social avait été saisi en mai dernier par le Premier ministre, Dominique de Villepin, qui lui avait demandé de rendre son avis avant le 30 novembre.