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31.03.2008

La volonté de réformer ne doit pas être négociable

La grammaire de la réforme dans le pays des « grappilleurs d’élite »  (article écrit par Sophie Fay – figaro du 31-03-08 – au sujet d’un après-midi de réflexion à l’Institut Montaigne)

Etrange fonctionnement que celui des Français … Invités par l’Institut Montaigne à un après-midi de réflexion sur le « rythme des réformes », Ana Palacio, ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères et membre de la commission Attali, Angelica Schwall-Düren, vice-présidente du groupe SPD au Parlement allemand, et Magnus Falkehed, journaliste suédois, s’en sont gentiment moqués. « La droite française libérale a en fait un logiciel marxiste, plaisante le Suédois : elle voit la réforme comme une révolution, avec une France d’avant et une France d’après. Mais dans aucun pays ça ne se passe comme ça ! Il n’y a pas un temps pour les réformes. Les réformes, c’est un processus long, sans fin. Nous sommes entrés dans un monde où il faut se réformer tout le temps. » Pour Ana Palacio, « en France, il y a un tiers de fonctionnaires, un tiers d’emplois subventionnés, un tiers d’emplois privés, Chacun veut que cela change, mais pour l’autre ». Elle rappelle : «  La volonté de réformer ne doit pas être négociable, mais après, on fait ce qu’on peut …Le gouvernement Aznar (auquel elle appartenait) a pu s’appuyer sur la qualité du dialogue social. A cause du taux de chômage, il y avait une volonté partagée de faire bouger les choses. » En Allemagne ou en Suède, il y a en général une longue préparation des réformes – « Quand on légifère, dit Magnus Falkehed, on demande aux parties concernées par la réforme de donner leur avis par écrit » -, ce qui facilite ensuite leur application…

24.03.2008

Novelli : "Réformons l'UMP en profondeur"

  http://www.lefigaro.fr/politique/2008/03/24/01002-2008032...

Propos recueillis parJudith Waintraub
24/03/2008 | Mise à jour : 08:14 |
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Hervé Novelli : « L'UMP doit créer son propre espace pour aider, éclairer, voire devancer l'exécutif. » Crédits photo : Le Figaro

Le président des Réformateurs demande que la sensibilité libérale soit prise en compte au sein du parti.

Hervé NOVELLI.   Nous portons chacun à l'intérieur de l'UMP une part de responsabilité. Le parti n'est plus assez ce lieu de débat collectif, d'expression de la diversité des sensibilités et d'offensive intellectuelle contre la gauche qu'il était lorsque Nicolas Sarkozy le présidait. Cette dernière lacune a été particulièrement criante aux municipales. Il y a eu trop peu de mobilisation nationale pour ré­pondre à la campagne de la gauche sur le problème du pouvoir d'achat, qui est réel, ou sur le prétendu plan de rigueur qui allait suivre les élections.

L'UMP doit créer son propre espace pour aider, éclairer, voire devancer l'exécutif, comme elle le faisait depuis 2004. Les Réformateurs organiseront, le 6 mai, un grand « rendez-vous de la réforme » pour faire le bilan de celles déjà en vigueur, identifier celles qui doivent être engagées au plus vite et proposer leurs solutions pour atteindre les objectifs fixés par le président de la République. Quand Nicolas Sarkozy présidait l'UMP, il faisait vivre le débat par des colloques ou même des votes en conseil national. Cela doit continuer et s'amplifier. Sous sa présidence, le parti était pluriel. Depuis dix mois, nous n'avons pas eu le temps de reconstituer ce climat, au risque d'apparaître comme exclusivement suiviste. Une UMP monolithique serait à la fois une trahison de l'histoire des familles qui ont fusionné pour la construire et un déni de la réalité actuelle, où les sensibilités qui forment l'arc de la droite au centre ne correspondent plus forcément aux anciennes appellations.

Non. Il ne s'agit pas de s'affronter ou de se diviser comme le font les socialistes, mais d'être le plus vivant possible et ainsi plus efficace dans l'opinion. Puisque nous réformons la France, réformons aussi l'UMP en profondeur. Au sommet, le partage des responsabilités n'est pas optimal. Je souhaite qu'il soit clarifié : au secrétariat général, la gestion quotidienne, et au Conseil national, l'organisation des débats. Je demande aussi que les sensibilités actuelles, dont la sensibilité réformatrice et libérale qu'avec d'autres je représente, soient intégrées dans les instances dirigeantes de notre formation et associées à sa gestion. Les Réformateurs sont puissants à l'intérieur du groupe UMP à l'Assemblée nationale, mais ils me paraissent ignorés dans la direction du parti. Notre poids et, en conséquence, notre influence ne sont pris en considération ni par l'exécutif ni par le législatif de l'UMP.

La diversité de l'UMP est la condition de sa réussite à fédérer toutes les volontés du centre et de la droite. Si cette diversité n'était plus à l'ordre du jour, il faudrait le dire clairement et revenir à ce que la majorité a connu durant les vingt-cinq ans qui ont précédé 2002, c'est-à-dire aux anciennes familles politiques. Cherchons ensemble comment éviter ce retour en arrière, jalonné de tant de mauvais souvenirs.

23.03.2008

Le général de Gaulle sur Israël en 1967

Conférence de presse du général de Gaulle sur Israël quelque peu après la guerre des 6 jours. C’était il y a 40 ans et depuis les choses ne se sont jamais améliorées. Il semble que pour la 1re fois de l’histoire de la Ve République la position de la France ait dévié... On peut difficilement aujourd’hui prononcer le mot "sioniste" dans les médias sans être accusé d’antisémitisme...


21.03.2008

Et si on supprimait le département ?

La France souffre d'une pléthore d'échelons administratifs. Avec la double émergence des Régions et de l'Europe, notre administration ressemble de plus en plus à un mille-feuille difficile à gérer et à superviser. D'où cette question : et si l'on abandonnait le département ?

C'est en fait le maillon faible de notre système administratif. Le département est une entité artificielle. Lorsqu'il a été créé en 1790, cela répondait à une volonté égalitaire mais aussi de contrôle du territoire de la part d'une France révolutionnaire, d'où leur grand nombre et leur superficies similaires.

Leurs «noms de marque», très souvent ceux des cours d'eau qui les traversent, trahissent leur inadéquation et sont parfois d'une simplicité désarmante. Que le terme «Bouches-du-Rhône» puisse définir une partie de la Provence est déplacé : vous êtes marseillais, aixois ou provençal, mais surtout pas «bouche-rhônien».

Que dire de l'Ille-et-Vilaine ou du Lot-et-Garonne : y aurait-il un quelconque attachement émotionnel de la population locale a ces dénominations descriptives mais dénuées de bon sens ?

Coincé entre la commune, lieu géographique évident, et la Région, une mini-nation en puissance qui est capable de gérer des prérogatives qui devraient s'étendre, le département français possède rarement un bien-fondé historique et culturel. Ce fait de ne traduire ni une certaine façon de vivre ni un territoire cohérent démontre déjà l'illégitimité de l'échelon départemental.

Mais au-delà d'un manque de pertinence historique ou géographique, ce qui ne représente nullement un argument suffisant pour demander son démantèlement, la vraie question est : un département, à quoi ça sert ? Juste à maintenir des institutions qui participent à la parcellisation des responsabilités et des budgets ? Car, en effet, les prérogatives des départements pourraient facilement être redistribuées aux communes, et surtout aux Régions, qui en deviendraient plus fortes et plus autonomes.

Cela clarifierait la distinction entre responsabilités régionales et prérogatives d'ordre local. L'enchevêtrement actuel des responsabilités et la déperdition d'énergie que cela génère seraient contenus en abandonnant tout simplement le département, un échelon devenu de facto obsolète.

Abolir les départements serait une tâche immense et coûteuse, tant sur le plan financier que politique. Mais, sur le long terme, cela permettrait de rendre les Régions plus autonomes et plus responsables au niveau européen ; de simplifier la gestion administrative du territoire en le rendant plus efficace et surtout plus économique ; et enfin de créer une dynamique démocratique en clarifiant les liens existant entre citoyens et Régions.

Cette augmentation des pouvoirs pour les élus régionaux devrait s'accompagner d'une obligation de transparence et de maturité gestionnaire : dans le cas de dérapage, l'État doit être en mesure non seulement d'épingler les mauvais élèves, mais aussi de les pénaliser. Les chambres régionales des comptes devraient à ce titre voir leurs prérogatives, leurs budgets et leurs effectifs étendus de manière considérable. Afin de diminuer le gaspillage, c'est à l'État d'imposer une refonte du système administratif.

Une mise en route uniforme et générale de ce procédé pourrait avoir un effet déstabilisateur. C'est pourquoi un test «grandeur nature» pourrait être lancé en accord avec les Régions qui le souhaitent. L'Alsace, ou la Breatgne, provinces homogènes sur le plan historique et géographique, pourraient facilement – ce qui est évidemment un euphémisme – abandonner leurs départements et montrer l'exemple.

D'un autre coté, le débat sur la pertinence du département pourrait aussi relancer une discussion saine et réfléchie sur les Régions françaises. La critique qui prévaut pour l'homogénéité des départements vaut aussi pour nos Régions, par trop uniformes. Pourquoi ne pas prendre notre histoire comme référence ? Dans ce cas, les deux Normandies ne feraient qu'une. La Bretagne comprendrait Nantes et ses alentours. Les Régions seraient disparates, tant sur le plan démographique que géographique, une «grande» Normandie cohabiterait avec un Pays basque, de taille plus modeste.

Les Cassandre pourraient voir dans cette redistribution des pouvoirs la menace d'une résurgence du séparatisme régional, comme en Corse, en Bretagne ou au Pays basque. Au contraire, fournir sans discrimination à toutes les Régions françaises les moyens de mettre en place une politique décentralisée et de gérer un budget conséquent, sans l'intervention de l'échelon départemental, devrait renforcer les identités régionales sans être en porte-à-faux avec l'État, mais en partenariat avec lui.

Avec la modernisation de la France, et l'intégration Européenne en arrière-plan, la décentralisation de notre territoire nécessite un débat courageux et ouvert d'esprit.

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